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"L'heure passe, la Justice demeure"

Paris, le 12 septembre 2020.


J’interviens pour une victime de viols en réunion, crimes subis tandis qu’elle était âgée de 15 ans.

C’était une collégienne.

Les faits remontent à 2001, la plainte à 2009. Dix années d’instruction, quatre juges, trois accusés, pour cinq jours d’audience.

Lorsque la Cour d’assises rend son verdict, condamnant deux des accusés, près de deux décennies se sont écoulées depuis les faits.

Je garderai en mémoire le souvenir de ces témoins, qui se succèdent et se ressemblent dans l’amnésie.

Ils ont tout oublié, ou ne veulent se souvenir de rien.

Je garderai surtout en mémoire le souvenir de cette jeune femme, si courageuse, livrant à la barre et plus de six heures durant, son récit des faits avec l’évidence de la sincérité.

Nous savions que le feu roulant des questions légitimes des cinq confrères de la défense s’abattrait sur elle. Que les erreurs de dates, les incohérences apparentes, lui seraient vertement reprochées.

Elle était prête, parce qu’elle disait vrai.

En rendant son verdict, la Cour lui indiquait qu’en dépit du temps passé, la Justice l’avait crue.

Restent ces mots par lesquels l’Avocat Général avait achevé ses réquisitions, ces mots gravés sur le cadran qui orne le Palais de Justice de l’île de la Cité : Hora fugit stat jus : l'heure passe, la justice demeure.


Rachid Madid

Avocat Associé, Friedland AARPI

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